ÉDITORIAL
De l'usine au chantier : diversifier nos marchés et valoriser le bois canadien

LOUIS POLIQUIN, M. SC.
DIRECTEUR DE CECOBOIS
Dans un contexte de croissance rapide des besoins en logement et d’urgence de décarbonation du secteur de la construction, le bois s’impose comme un levier stratégique rapidement mobilisable.
Des organismes tels que Maison Canada et l’Association provinciale des constructeurs d’habitation du Québec (APCHQ) estiment qu’il faudrait doubler les mises en chantier résidentielles annuelles d’ici 2030 afin de résorber le déficit de logements et de rétablir l’abordabilité.
Face à cette pénurie, combinée à la rareté de la main-d’œuvre et à la hausse des coûts de construction, un recours accru aux systèmes de construction préfabriqués en bois constitue une solution. Ces systèmes permettent d’accélérer la réalisation des projets multirésidentiels, de réduire l’empreinte carbone et de soutenir l’achat local, tout en constituant une voie importante de diversification des marchés pour une industrie du bois confrontée à d’importants tarifs douaniers.
Utilisé localement pour la structure des bâtiments, le bois d’œuvre fait l’objet d’une seconde transformation à forte valeur ajoutée, notamment sous forme de murs préfabriqués en panneaux, de solives d’ingénierie, de fermes de toit, de poutres et poteaux en bois lamellé-collé, de systèmes modulaires ou de panneaux de bois massif.
L’industrie des systèmes préfabriqués en bois s’articule autour de trois grandes filières : l’ossature légère en panneaux préfabriqués, la construction modulaire et le bois massif. Pour répondre efficacement à l’ampleur du déficit de logements, la transition vers un doublement des mises en chantier doit s’appuyer sur l’ensemble de ces filières tout en tenant compte de leurs capacités de production respectives. Ce numéro du journal en présente une analyse.
Offrant des avantages distincts selon les types de projets et leur localisation, ces filières ne sont pas au même stade de maturité. Si le modulaire et le bois massif suscitent un intérêt renouvelé et présentent un fort potentiel de développement, les systèmes en panneaux préfabriqués demeurent ceux ayant actuellement la plus grande capacité de production.
Plus récemment, les systèmes structuraux en bois massif ont élargi l’éventail des possibilités, le Code permettant désormais la construction de bâtiments allant jusqu’à 18 étages. Bien que les projets multirésidentiels de plus de 6 étages demeurent encore peu nombreux au Québec, le bois massif ouvre à de nouvelles possibilités. Ce numéro aborde les possibilités offertes par le cadre réglementaire pour les constructions en bois massif encapsulé (CBOME), ainsi que les considérations liées aux coûts.
Plus largement, les systèmes constructifs en bois offrent un fort potentiel pour favoriser la construction hors site et accélérer la cadence des chantiers. L’une des pistes contribuant à cet objectif, abordée dans ce numéro du journal, repose sur les choix conceptuels effectués en amont des projets, lesquels influencent directement les délais, l’efficacité sur les chantiers et les coûts.
Bonne lecture !
Construire en bois est une publication du Centre d'expertise sur la construction commerciale en bois (Cecobois)
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© LAURENT POLIQUIN STRUCTURES RBR
COMITÉ DE RÉDACTION Joanie Roy, Laurence Drouin, Louis Poliquin et Myriam Drouin
RÉDACTEURS Myriam Drouin, Adrien Gaudelas, Marc-André Langevin, Marc-André Massé, Philipp McFadden, Louis Poliquin et Simon Thibault Bellavance